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Section 1 : année 1996

12/03/2015

Découvrez notre saga « Et si Google n’existait pas ? » rédigée par Clément Bouhélier, directeur d’un organisme de colonies (Vitacolo), formé au référencement par les membres d’Optimiz.me et écrivain passionné.

Cette semaine : mettez-vous dans l’ambiance avec la Section 1. La suite…au prochain épisode !

Section 1

Juin 1996.

Le gyrophare projetait sa lumière bleutée sur le carrefour. Ce carrefour qui, étrangement, rappelait quelque chose au sergent Filip O’Leary.

Mais quoi bon sang ?

Les éclats bleus apparaissaient et disparaissaient sur son uniforme à intervalles réguliers. Ils tournoyaient sur les façades des bâtiments qu’O’Leary scrutait un à un, à la recherche d’un indice. Était-il venu un jour dans le coin avec Jenny ? Ce n’était pas impossible après tout. Mais ce devait être avant que le lieu devienne son secteur. C’était curieux tout de même. Il passait le plus clair de son temps dans cette zone et voilà que ce petit bout de souvenir pointait son nez à cet instant précis, dans ce contexte et en pleine nuit.

Justement, ce devait être la nuit. Peut-être qu’on est venu ici en soirée. C’est pour ça que je m’en souviens.

Oui, ce devait être ça. O’Leary cessa d’inspecter les immeubles. Il laissa son regard filer le long de la rue et dépasser les carcasses accidentées des deux voitures autour desquelles les pompiers s’affairaient toujours. Une vingtaine de mètres plus loin, Bay Street croisait Larkin Street. En remontant cette rue, on se retrouvait à Aquatic Park. Quelques minutes de marche, et on tombait sur la mer. De là, on pouvait apercevoir le pic d’Alcatraz dépassant de la grande bleue. L’été -et pas seulement l’été d’ailleurs- des centaines de touristes se pressaient à cet endroit pour apercevoir la prison.

O’Leary se souvenait de quelques endroits sympas dans le coin pour manger ou prendre un verre. Lori’s Diner se trouvait au bout de Larkin Street. A l’angle de la rue, il y avait le BBQ, et de l’autre côté, vers Hyde Street, le Buena Vista Cafe. Tiens donc… ce n’était pas là que…

… mais si andouille ! Ça te revient tu vois. Tu as bu un verre là-bas avec Jenny. Ça fait une paire d’année et ça te rajeunit pas mon pauvre vieux !

Du reste, l’endroit ne portait peut-être pas le même nom à l’époque. Mais c’était là, il en était certain. Il se souvenait même d’une marche romantique avec Jenny le long de Beach Street. Satisfait d’avoir retrouvé la mémoire, Filip O’Leary reporta son attention sur les deux voitures. Les pompiers finissaient d’embarquer ceux que l’on pouvait encore espérer sauver. D’ici quelques minutes, on évacuerait l’autre. Celui pour qui les choses ne pressaient plus. Pour lui, ce serait un aller simple pour la morgue. Et Filip O’Leary, lui, filerait se recoucher.

Pour une fois, être réveillé à deux heures du matin ne l’avait pas spécialement mis de mauvaise humeur. Demain -aujourd’hui désormais- c’était dimanche. Il n’était pas de service et il avait prévu de faire une sacrée grasse matinée avec Jenny. Peut-être même quelques gros câlins. Et ces perspectives suffisaient à effacer l’inconfort de quelques heures supplémentaires nocturnes. Il accueillit en souriant son collègue qui avançait vers lui.

– T’as l’air de bonne humeur Filip.

– Et pourquoi je le serais pas ? répliqua O’Leary sans cesser de sourire. Il fait bon. La nuit est belle, tu ne trouves pas ?

Matt désigna les deux véhicules d’un geste du menton.

– Pas vraiment non…

O’Leary laissa échapper un petit rire sec.

– Quand ces cons d’étudiants comprendront qu’on peut boire ou conduire mais pas boire et conduire…

– Filip, on ne sait encore même pas si ce sont des étudiants.

– Tu as vu leur tronche ? Évidemment que ce sont des étudiants. Et puis neuf fois sur dix, quand on nous réveille au milieu de la nuit pour sécuriser un périmètre autour de bagnoles fracassées, ce sont des étudiants à l’intérieur. Des petits cons qui vont s’alcooliser sur la plage et qui reprennent le volant après en pensant qu’ils sont immortels.

– T’es un peu dur Filip…

– Penses-tu. Demain, ce sera dans la presse, et après-demain, ce sera oublié. Tu veux parier que dans un mois, on nous réveille à nouveau pour le même accident ?

Matt hocha de nouveau la tête. Sceptique.

– Celui de la voiture rouge, il n’y est pour rien. C’est l’autre qui lui est rentré dedans. Il n’y est pour rien… et il est mort.

– Bah, t’y peux rien Matt.

Les deux hommes demeurèrent silencieux quelques secondes. Devant eux, le camion des pompiers démarra. Restait le corps recouvert d’un drap blanc au milieu de la route. Il était entouré de plusieurs policiers. Certains tenaient à l’écart les quelques badauds qui avaient cru bon de sortir pour voir ce qui se passait.

Filip O’Leary regarda son collègue.

– Hé. Faut que tu tiennes le coup. Je sais que tu es nouveau, mais des affaires comme celle-là, faut t’y habituer.

– Je sais.

– Bon. Ce n’est pas toi qui va appeler la famille. Je vais m’en occuper. Tu as le nom de ce pauvre gars ?

Matt acquiesça. Il sortit de sa poche un petit carnet.

– Je l’ai noté ici.

Il approcha son visage du carnet et déchiffra le nom à la lumière du gyrophare.

– Page. Lawrence Page.

Puis il releva les yeux vers O’Leary.

– Mais le mec avec lui dans la voiture l’a appelé Larry.

A suivre…

Un projet souvent récompensé

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