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Section 10 : everyone’s got a chance…

15/05/2015
labyrinthe

Peter regarda tout autour de lui avant de décrocher son vélo du parcmètre. Il avait fait un grand détour pour venir le récupérer à proximité du Cafe Zoetrope. Il ne tenait pas à être vu, ni à traîner dans le coin.

Nom de dieu, quelle furie…

La sueur séchait sous son t-shirt, et Peter commençait à frissonner. Mais son coeur battait encore la chamade. Sa longue marche dans les rues avoisinantes l’avait à peine calmé.

Bon sang, mais quelle furie…

La réaction de la dame dans le bar lui revenait sans cesse. Quand elle s’était levée, Peter aurait juré qu’elle était prête à arracher les yeux du type au journal. Et sa réaction à lui… Il se tenait sur le qui-vive. Aucun doute, il les espionnait. Mais dans quel but ? Et pour le compte de qui ? Peter avait du mal à croire que cela puisse être le fait d’une société telle qu’Everything. Si les dirigeants devaient perdre leur temps à surveiller tous les porteurs de projets un peu novateurs… Non, ce n’était pas crédible.

Il attrapa le guidon de son vélo, regarda à droite et à gauche, puis traversa rapidement l’avenue et s’engagea à pied dans une rue parallèle. Apparemment, personne ne l’avait vu. Et il n’y avait aucune activité anormale à l’intérieur du Cafe Zoetrope. Peut-être les serveurs avaient-ils renoncé à prévenir les flics en fin de compte. Un moment, Peter s’était inquiété des conséquences possibles. Cela avait contribué à ses battements de coeur. Mais après tout… On avait à peine vu sa tête. Il n’avait rien consommé, n’avait pas utilisé de carte bleue. Il n’aurait probablement pas de problème. Mieux valait cependant éviter ce quartier de San Francisco pendant un moment.

Peter enfourcha son vélo. Il se mit à rouler le long de Broadway Street. Puis, il obliqua vers le nord, en direction de Fishermans Wharf. Là, il pourrait attraper l’un des bateaux navettes qui desservaient Oakland. Tout remontant rapidement l’avenue, il ne cessait de songer à sa soirée mouvementée. A la présence étrange de cet homme. A cette femme, Sarah Corbel, qui s’était à peine présentée. Et à cet étrange projet de moteur de recherche. Bon sang, c’était un rêve d’ingénu.

Les moteurs de recherche n’étaient plus en vogue depuis l’envol d’Everything à la fin des années 1990. L’annuaire géant les avait rendus inutiles. Il en avait racheté certain et avait condamné les autres aux oubliettes d’internet. D’après ce qu’en savait Peter, quelques uns vivotaient encore. Ils permettaient de trouver son chemin dans la Wild Zone du web avec plus ou moins de succès. Mais quel intérêt offrait-il à l’internaute moyen ? Celui-ci achetait sur Everything, s’informait grâce à Everything, se documentait sur Everything, organisait son agenda grâce à Everything… Il n’avait nul besoin d’un moteur de recherche. Pourtant, une chose troublait Peter. Cette phrase de Sarah Corbel.

“L’internaute obtiendra une réponse à une question.”

Cela signifiait-il que Sally avait pour vocation d’être un moteur de recherche intelligent ? Ou est-ce que Sarah Corbel avait voulu dire autre chose ?

“Ce moteur reposera sur la pertinence des contenus, et non sur l’élimination.”

C’était peut-être ça la clé. Mais… n’était-ce pas déjà le cas avec Everything ? Depuis des années, le géant du web martelait la même chose : “Faites des fiches de qualité !” Du contenu, du contenu, encore du contenu… Un champ sémantique riche. Telle était la recette des guidelines pour placer ses produits en tête. “Pensez pour le consommateur !” Les ficheurs rivalisaient d’imagination pour parler des articles qu’ils référençaient. Avec le temps, ils étaient devenus les rois de la synonymie et de la syntaxe. Certes, on soupçonnait Everything de favoriser les mangeurs d’espace. Autrement dit les grosses boîtes, celles qui achetaient beaucoup d’espace chez le géant du web. La rumeur disait aussi qu’Everything n’appréciait pas le double positionnement et “coulait” les articles référencés ailleurs, en 2W ou chez un concurrent. Mais rien n’avait jamais été prouvé en ce sens.

Et puis, peu importait… Ce qui comptait, c’est qu’aucun internaute n’avait besoin de réponse. Everything était la réponse. Pour trouver un parasol ou un avocat, pour faire un exposé sur la Chine médiévale, pour jouer, pour consommer du porno, pour connaître le bulletin météo ou le dernier scandale politique, ou pour se souvenir de l’heure de son prochain rendez-vous… En quoi un moteur de recherche pouvait-il constituer une quelconque alternative ?

Peter accéléra un peu. Le temps fraîchissait à présent. Il lui tardait de rentrer chez lui. A sa droite, il aperçut un panneau qui vantait la campagne “N1” d’Everything. Une opération de promotion qui consistait à positionner chaque jour pendant un mois un site différent sur la page “number one” du site. “Everyone’s got a chance” disait le slogan. Les dossiers de candidature avaient afflué, sans doute par centaine de milliers. Au final, trente seulement seraient retenus. L’opération avait officiellement pour objectif de faire connaître des produits originaux aux consommateurs et de “les éveiller à la curiosité”.

Tu parles !

Pour Peter, ce n’était qu’une manière de plus de faire consommer. Car après tout, c’était l’objet unique d’Everything. Il songea de nouveau à Sarah Corbel. A ces cheveux roux qui se baladaient devant son visage. A la manière dont elle s’était levée quand elle avait aperçu le portable.

Et il se demanda si par hasard, ce projet qu’elle lui avait proposé…

… Non … C’est idiot. Un foutu moteur de recherche bon sang…

Peter dépassa un autre bloc. Et il se dit qu’il lui fallait parler de sa soirée à quelqu’un.

 (A suivre…)

Un projet souvent récompensé

Un projet souvent récompensé
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