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Section 3 : l’homme mystère

27/03/2015
homme mystère

            C’était l’homme mystère. Évidemment.

            L’homme mystère, avec son chapeau melon vert assorti d’un point d’interrogation, avec son masque violet sur les yeux, surmontant un nez pointu et un sourire espiègle. Ce sourire qui semblait dire : On parie que tu n’as pas la réponse ? Peter n’avait jamais aimé l’homme mystère. De tous les bad guys de Batman, c’était probablement celui qu’il détestait le plus. Il n’avait ni la classe du Joker, ni la froideur brutale de Double-face, ni la bestialité de Bane. Quant à ses énigmes douteuses… Selon Peter, qui avait dégoté un paquet de Comics à bas prix sur Everything au cours des dernières années, l’homme mystère n’était tout simplement pas digne du chevalier noir. Celui qui se cachait derrière ce profil sur desktop devait avoir des goûts de chiottes en matière de bande dessinée. Mais il prenait soin de « coller » au personnage. Depuis près de trois semaines, chaque soir, et presque toujours à la même heure, il posait une question à Peter sur le tchat de desktop. Toujours la même question.

            Quel est le plus habile des dictateurs ?

            Peter sourit. D’un ctlr-tab, il relégua au second plan le back-office d’everything.com et afficha l’écran de desktop. Et de nouveau, il tenta sa chance. Ses doigts pianotèrent sur le clavier.

            Celui dont tu ne sais jamais s’il te surveille ou pas.

            Les trois petits points apparurent sur la fenêtre du tchat, signe que l’interlocuteur écrivait sa réponse.

            Perdu !

            Et trois secondes plus tard :

            Mais tu pourras rejouer demain (smiley amusé)

            Cette fois, Peter se mit à rire. Cela faisait près d’un mois qu’il avait ajouté l’homme mystère à son cercle de connaissances sur desktop, le forum d’Everything destiné aux informaticiens. Son nouveau contact s’était présenté comme un « ficheur » spécialisé dans le référencement de produits culturels. Cela rendait le choix de l’homme mystère d’autant plus curieux. Mais incontestablement, converser avec lui était distrayant, même s’il lâchait peu d’informations le concernant. Il était plutôt du genre à poser les questions. Ce qu’il ne manqua pas de faire encore une fois.

            Tu fais quoi ?

            Peter tapa la réponse d’une main.

            Comme d’hab’. Je mets des produits sur EVT.

            (smiley amusé) T’en as pas marre ?

            Faut bien bouffer… Et toi, tu fais quoi ?

            Il y eut une dizaine de secondes d’attente. Puis :

            Je cherche des personnes capables de trouver la réponse à ma devinette (nouveau smiley amusé)

            Peter enchaîna.

            Ah ah. Bah je ne suis pas très doué on dirait. Sans dec, tu bosses ?

            De nouveau, les petits points défilèrent.

            Toujours sur le même projet man.

            Peter hocha la tête. « L’homme mystère » lui parlait de cela depuis un peu plus d’une semaine. Il ne s’était pas épanché beaucoup sur le sujet… mais Peter avait cru comprendre qu’il s’agissait du développement d’un logiciel.

            Ton truc… Sally ?

            Le projet Sally oui.

            L’homme mystère n’en parlait en d’autres termes. Peter tenta d’aller plus loin. Après tout, il avait le reste de la nuit pour finir cette commande. Il pouvait bien se permettre de perdre quelques minutes de plus avec l’étrange « homme mystère », qui en ce moment devait se faire chier autant que lui à référencer des merdes sur Everything.

            Le projet Sally, c’est quoi exactement ?

            La révolution.

            Cette fois, il n’y avait pas de smiley amusé. Peter continua :

            Ca consiste en quoi ce logiciel ?

            Et comme la réponse ne venait pas, il insista :

            C’est une appli que vous voulez vendre à EVT ?

            Cette fois, la réponse arriva.

            Non. C’est indépendant d’EVT.

            Peter hocha de nouveau la tête tandis qu’il écrivait.

            2W ? Vous avez de l’ambition !

            L’abréviation « 2W » signifiait « Wild Web ». Ou tout ce qui ne se trouvait pas sur Everyhting. C’est-à-dire peu de choses -en tout cas peu de choses utilisées par le grand public- dans la mesure où le géant du web rassemblait non seulement tout ce qui se vendait, mais aussi tout ce qui ne se vendait pas. La partie E-learn d’Everything contenait tout ce qui pouvait s’apprendre sur à peu près tous les sujets, et E-news était pour nombre d’internautes la seule source d’infos. Se positionner « 2W » signifiait avoir une putain de bonne idée et un paquet de fric pour la faire connaître. Cela signifiait aussi surmonter l’image négative que la plupart des internautes avaient du « 2W ». Depuis 2007 et l’action du mouvement Free Web, le net sauvage n’inspirait plus vraiment la confiance. La plupart des développeurs qui avaient une bonne idée s’arrangeait pour la modeler selon les besoins d’Everything et pour la vendre au site.

            La réponse de l’homme mystère arriva, laconique.

            Le web ne se réduit pas à EVT.

            En théorie non. Mais en pratique… Cependant, les réponses de l’homme mystère piquaient la curiosité de Peter. Il ne manquait pas une occasion de suivre les créations « 2W » dont desktop se faisait parfois l’écho.

            Tu m’en dis plus man ? Vous développez quoi ?

            Je t’en dis plus si tu veux. Mais pas sur le forum. En live.

            Devant son écran, Peter eut un mouvement de surprise.

            Tu veux qu’on se rencontre man ??? Man, je sais pas qui tu es ni d’où tu écris !!!

            Les trois petits points s’affichèrent. Et la phrase apparut.

            On a besoin de gars comme toi pour le projet Sally. Tu es à Oakland, moi à SF. On peut se retrouver là demain soir à 20 heures.

            Apparut un lien E-Map dans la fenêtre du tchat. Peter cliqua. L’adresse était celle d’un bar de North Beach à San Francisco.

(la suite à la Section 4…. vendredi prochain !)

Un projet souvent récompensé

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