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Section 7 : le logiciel

24/04/2015
logiciel

Au-dessus de la table, les doigts de Peter s’agitèrent comme s’ils s’étaient trouvés face à un clavier sans savoir quoi écrire.

  • Je… Je veux bien qu’on parle de votre logiciel. Mais d’abord, j’aimerais comprendre ce que je fais là. Pourquoi vous m’avez contacté ? Pourquoi cette histoire autour de l’homme mystère ?

            Il avait conscience que sa voix n’était pas très assurée. En face de lui, la dame ne broncha pas, comme si elle s’était attendue à chacune de ces questions.

  • Il faut comprendre, Peter, que Sally est complexe. Nous ne pouvons pas nous permettre de faire travailler n’importe qui sur ce projet. C’est la raison pour laquelle nous avons dû prendre quelques renseignements en ce qui vous concerne. Quant à l’homme mystère… Disons que, comme vous, j’aime beaucoup les comics. Et je me suis dit que vous seriez sensible à cette manière de vous aborder.

            Peter la dévisagea sans répondre. Elle était vraiment diablement belle. Avec un décolleté qui n’avait rien d’indécent, mais qui en laissait deviner beaucoup. Il s’aperçut que son regard tombait un peu bas et releva prestement les yeux. La manière qu’elle avait de l’observer avec une pointe d’amusement le mettait mal à l’aise. Une seconde, il se dit que l’homme mystère ne lui allait pas du tout. Elle aurait été parfaite dans le rôle de la très séduisante Catwoman.

  • OK… mais comment vous avez su que j’habite à Oakland ? Ce n’est indiqué nulle part sur mon profil E-net et je suis à peu près sûr de ne pas vous l’avoir dit. Les entreprises de San Francisco n’aiment pas les ficheurs qui n’habitent pas sur place. Les patrons pensent que si vous n’avez pas les moyens de vous loger dans la ville, c’est que vous êtes mauvais…

            Elle acquiesça.

  • Pensez-vous être mauvais Peter ?

            Il secoua gauchement la tête.

  • Non, pas du tout ! je veux dire, c’est pour mettre de l’argent de côté que je…

            En riant, elle fit un geste pour l’interrompre.

  • Je plaisantais Peter. Et pour répondre à votre question, sachez que nous nous sommes renseignés via d’autres biais. N’en prenez pas ombrage. Comme je vous l’ai dis, c’est une nécessité pour nous.
  • Mais… comment est-ce que vous vous y êtes pris ? Et qu’est-ce que vous savez d’autre en ce qui me concerne ?

            Peter n’avait pas le sentiment d’avoir beaucoup à cacher. Son pire crime était de surfer de temps à autres sur la partie Adults d’Everything… Mais l’idée qu’on se renseigne sur lui, virtuellement ou physiquement, le faisait littéralement transpirer.

  • Rassurez-vous, reprit-elle, nous ne divulguons rien de ce que nous savons. Pour ce qui est de nos méthodes, vous en discuterez avec mon employeur… si notre projet vous intéresse.

            Peter crut comprendre qu’elle n’en dirait pas plus. Était-ce un de ses collègues free-lance qui avait lâché les infos ? C’était possible. Mais pour l’heure, le ficheur décida qu’il y avait d’autres zones d’ombres à éclaircir.

  • Pourquoi moi ? Je veux dire… Pour quelle raison auriez-vous besoin de moi ?
  • Vous avez obtenu un diplôme dans l’informatique en vous spécialisant dans le développement, répondit la dame. C’est une compétence qui peut s’avérer très utile pour développer Sally.
  • Mon diplôme vient du public, annona Peter
  • Parce que votre père n’avait pas les moyens de vous payer des études à Berkeley ou à UCLA. Il n’empêche que vous vous en êtes sorti honorablement.
  • .. enfin, vous le savez si vous vous êtes renseigné : j’ai effectivement une formation de développeur, mais j’ai toujours bossé comme ficheur.

Elle lui sourit, tout en avançant sensiblement vers lui au dessus de la table. Une seconde, Peter crut qu’elle allait prendre sa main, et son coeur se mit à battre plus vite. Mais elle n’en fit rien. Elle se contenta de continuer à le regarder fixement en souriant. Ses yeux étaient verts. Captivants. Peter ne se souvenait pas d’avoir un jour discuté avec une femme si belle. D’ordinaire, quand il croisait une jolie demoiselle en soirée, son subconscient lui adressait un “Laisse tomber !” très net.

  • Ne nous mentons pas, dit-elle. Effectivement, nous pourrions trouver des développeurs avec plus d’expérience que vous. Mais d’une part, nous n’avons malheureusement pas les moyens de nous offrir leurs services. Et d’autre part, les développeurs de métier travaillent presque tous pour Everything, l’une des filiales d’Everything, ou un projet indépendant qui sera racheté par Everything. A notre connaissance, ce n’est pas votre cas.
  • Non mais…
  • Mais ?

            Peter se rendit compte qu’il n’avait pas d’objection. Elle lui lâcha un nouveau sourire désarmant.

  • Nous recherchons quelqu’un qui soit capable de fidélité et de discrétion. Nous pensons que vous correspondez à ce profil Peter. De surcroît, on vous décrit comme quelqu’un de rigoureux.

            Peter se sentit rougir. Il n’avait guère l’habitude de recevoir des compliments. Sur le coup, il oublia que sa “rigueur” supposée ne l’avait pas empêché de jouer une heure et demi la veille au lieu de rédiger ses fiches… ni de faire un tour sur les vidéos d’Adults Only.

  • Ce serait assez motivant de bosser en “2W”, répondit-il finalement. Mais qu’est-ce que vous proposez exactement ?

            Elle le regarda longuement, comme pour l’évaluer une dernière fois. Mais alors qu’elle s’apprêtait à répondre, la dame changea de visage. Elle venait de jeter un bref coup d’oeil sur sa gauche, comme si elle craignait d’être observée. Dans ce mouvement, elle avait vu l’homme au journal à la table voisine. L’homme… et son smartphone posé sur la table.

            Elle se leva d’un bond.

  • Vous !

            Peter sursauta violemment. Repoussant sa chaise, elle se dirigea droit vers lui. Après coup, Peter comprendrait que l’homme n’était pas accaparé par sa lecture. Car lui aussi se leva d’un bond. Il lâcha son journal, saisit la carafe d’eau devant lui, et la projeta sur la dame. Surprise, la jeune femme se couvrit le visage des mains. La carafe passa à dix centimètres de sa tête et alla s’écraser sur la table. Elle explosa dans une gerbe d’eau et de verre.

La scène n’avait duré qu’une seconde. Mais durant cette seconde, l’homme eut le temps d’attraper son smartphone et de le faire disparaître dans l’une des poches intérieures de sa veste. A cet instant, Peter aperçut son visage.

Âge mur, les traits durs, les cheveux entre le gris et le blanc…

Mais le ficheur n’eut pas le temps d’en voir davantage. L’homme plongea vers la porte, qu’il ouvrit à toute volée sous le regard médusé d’un serveur. Il se précipita dehors.

 (A suivre…)

Un projet souvent récompensé

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